Divorce, bébé, mariage : vite, un coach


De plus en plus de personnes font appel à des pros pour les aider dans l’organisation de leur vie quotidienne.

Les «wedding planners», ces experts qui organisent un mariage de rêve pour les futurs époux, ont permis la naissance de nouvelles professions, basées sur le même modèle. Alias, par exemple, offre ses services à des couples en passe de séparation. De la recherche d’appartement au ramassage des effets personnels auprès de l’ex-compagnon, la société zurichoise gère le quotidien d’une séparation.

Plus réjouissant, le phénomène des «baby planners» pointe également le bout de son nez en Europe. Ces planificatrices de naissance aident les futures mamans débordées à faire les bons choix, notamment en matière de matériel de puériculture et de mode de garde. Aux Etats-Unis, ce métier est même tellement entré dans les mœurs qu’une télé-réalité intitulée «Pregnant in Heels» (Enceintes et à talons) vient d’être lancée sur la chaîne Bravo TV. ­Cette émission suit Rosie Pope, star des «baby planners» outre-­Atlantique, qui accompagne des femmes haut placées hiérarchiquement dans leur grossesse.

Un nouveau modèle familial

Tina Bomhoff, fondatrice d’Alias, en est persuadée: «Les gens ont de plus en plus tendance à confier leurs affaires privées à des professionnels.» Mais comment expliquer ce succès grandissant? Les gens disposent de plus de moyens qu’avant, bien sûr. Mais la réponse se trouverait également du côté des familles, dont le modèle traditionnel a été bouleversé au cours des quarante dernières années. «Actuellement, les deux conjoints travaillent. Les offres de services pour les familles changent en conséquence», explique Jérôme Rossier, directeur de l’Institut de psychologie à l’Université de Lausanne. De plus, selon Nicoletta Ciprinai, sage-femme au Centre périnatal de Genève, le foyer ne comprend aujourd’hui que deux générations: les parents et les enfants. Il est révolu, le temps où les grands-parents étaient impliqués dans la vie quotidienne. Preuve en est le mariage: «Les parents des époux sont des personnes dynamiques, qui souvent travaillent encore. Ils n’ont pas envie d’organiser des noces», explique Stéphanie Feller, fondatrice de Carnet de Bal.

Les concierges ne sont pas réservés aux clients de grands hôtels

Acheter un billet de concert, passer au pressing, faire des courses: les concierges facilitent la vie. Pas étonnant que l’offre foisonne pour les privés. Certaines sociétés se positionnent dans le luxe, d’autres travaillent en l’absence des personnes, d’autres s’adressent aux employés d’entreprises. C’est le cas d’Ease Your Day. Les salariés profitent de l’abonnement souscrit par leur employeur pour bénéficier de services au quotidien. Envoyer une chemise au pressing coûte ainsi 5 fr. 50 à l’employé. Selon Sylvie Prevost, directrice de la société de conciergerie, ces services permettent de «promouvoir le bien-être et de donner du temps à la famille».

Noces sans stress

Présents sur le marché romand depuis des années, les «wedding planners» sont complètement acceptés. «Il n’y a plus de honte à faire organiser son mariage. Au contraire, ça donne même une impression de luxe», sourit Stéphanie Feller, fondatrice de Carnet de Bal. Il faut compter 10 à 15% du budget total du mariage (hors robe, alliances et voyage) pour s’offrir un organisateur. Une somme que Stéphanie Feller considère comme «du bon temps que les mariés s’offrent».

Séparation bien gérée grâce à des tiers

Un cœur brisé, doublé d’un emploi du temps stressant? Alias s’occupe de gérer le quotidien d’une séparation. «Dans un divorce, les ex-époux peuvent déjà bénéficier des services d’avocats et de psychologues. Mais jusqu’à présent, il n’y avait personne pour s’occuper des tracas quotidiens», explique Tina Bomhoff, une des fondatrices de cette société zurichoise. Les clients sont avant tout des hommes aux salaires confortables, qui n’ont pas beaucoup de temps en dehors de leurs occupations professionnelles pour gérer leur séparation. Alias propose de s’occuper de la recherche et de l’aménagement d’un nouvel appartement, ainsi que de la récupération des effets personnels chez l’ex-compagne. Ce service a bien entendu un prix, qui varie entre 750 et 4500 fr. selon le forfait choisi. –sut

L’arrivée de junior en douceur

«Ce n’est pas parce que des personnes font appel à mes services que ce seront de mauvais parents», explique Sandra Furtak. La Française a fondé Allo Baby Planner, qui aide les futures mamans à faire les bons choix en matière de matériel de puériculture. Pour 75 fr., la jeune maman se déplace à domicile, distille ses conseils et établit une liste d’achats. En Suisse, ce sont souvent les sages-femmes qui assument ce rôle de coach. «Il y a beaucoup de pression sur les mères. Elles ne veulent pas faire d’erreur», explique Nicoletta Cipriani, du Centre périnatal.

Publié dans le journal 20 Minutes.